Lettre à Nantes, la surprenante
Ma chère Nantes,
Il y a quelques mois, j'ai quitté Paris pour te retrouver. J'étais tellement heureuse de te revoir, de revivre chez toi. Je souriais bêtement en déambulant dans tes rues que je connais par coeur. Je retrouvais enfin des lieux que je connais parfaitement, où je me sens véritablement chez moi, et où j'ai l'impression d'être en sécurité, invincible.
Ma belle Nantes, je dois t'avouer que j'ai décidé pourtant de te quitter une nouvelle fois. Je sais, je sais... J'ai parfois été infidèle, et je suis dernièrement allé m'amuser à Paris, à Rennes, à Bruxelles... Mais cette fois-ci, ce n'est pas pour Paris que je te quitte une nouvelle fois, ma chère Nantes.
Je dois partir. J'en ressens le besoin au fond de moi. Je te chérirai toujours comme mon premier amour de ville, ma Nantes. Mais je ne veux plus vivre chez toi. Je suis lasse, et je ne me sens pas épanouie. J'ai des envies de destinations lointaines, inconnues, improbables.
Ne m'en veux pas Nantes. Je te retrouverai un jour. Je passerai te voir ! Cependant, je ne te promet pas que je reviendrais m'installer chez toi.
Favet Neptunus Eunti. Je porte ta devise sur mon étendard, mon blason, ma bannière. Je n'oublierai pas d'où je viens, ni ce que tu m'as apporté : toutes ces expériences, ces rencontres, ces bonheurs. Je parlerai de toi en bien, avec une nostalgie sincère dans le regard, lorsqu'on me demandera mon origine.
Prends soin de toi, ma belle Nantes.
Prends soin de toi, de tes fleuves merveilleux, la paisible Erdre et l'indomptable Loire, de tes paysages ligériens ravissants, de tes saules argentés, de tes ruelles charmantes, de ton architecture coquette, de tes riverains chaleureux, de ton éléphant de bois majestueux, de tes grues vertigineuses, de tes oeuvres d'art farfelues, de tes idées étranges, des tes lieux uniques et irremplaçables.
N'en doute pas Nantes, même si je ne veux plus vivre chez toi, je dois l'avouer : tu me manqueras.
Une Nantaise